Francisation Réussie avec Annie

EP 137 | 🔵 Les Cousins d'Amérique ép.17: Les Orphelins Du PEQ | Pourquoi le PSTQ Transforme Des Projets De Vie En Loterie Administrative?

Annie Nanking

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Nous explorons la fin du PEQ, l’incertitude créée par le PSTQ et les vies mises en suspens, du point de vue humain, économique et juridique. Entre “reprise de contrôle” et contrat moral brisé, nous comparons mérite abstrait et intégration réelle avec des chiffres et des témoignages.

• définition claire du PEQ et raisons de son attrait 
• passage au PSTQ et logique de sélection par invitations 
• probabilités d’invitation et perte de prévisibilité 
• voix des “orphelins du PEQ” et sentiment de trahison 
• impacts sur entreprises, universités et municipalités 
• iniquités de reconnaissance des diplômes et coûts des tests 
• analyse du mémoire du Barreau sur sécurité juridique 
• débat sur la valeur d’une promesse publique et les droits acquis

Merci de choisir de pratiquer votre français avec moi et à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Et comme toujours, je vous souhaite le plus beau des succès dans votre intégration en français. Ne lâchez surtout pas.


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SPEAKER_00:

Allo la belle gang Bienvenue dans un nouvel épisode de francisation réussie avec Annie Et c'est mercredi le moment de traverser l'Atlantique en une seconde Bienvenue à Montréal Cousins d'Amérique Épisode 17 Les orphelins du PEQ Alors est-ce qu'a fait Pas trop pire pour un samedi matin Le café est bon Marc C'est le reste qui ne va pas ce qui se passe T'as l'air complètement abattu Un autre problème avec ton propre io Non pire Tu te souviens de mon ami Antoine L'ingénieur qui est arrivé six mois avant moi Oui le gars super brillant qui a trouvé un job en deux semaines Qu'est-ce qu'il y a avec lui Il plie bagage Il rentre en France Sa femme et lui ont décidé ça cette semaine Ils sont dégoûtés Quoi?

SPEAKER_03:

Mais pourquoi?

SPEAKER_02:

Tout semblait si bien parti pour eux Le PEQ Ou plutôt la fin du PEQ Ils sont ce qu'on appelle des orphelins du PEQ Ils ont tout fait comme il fallait, suivi les règles à la lettre, et du jour au lendemain le gouvernement a changé les règles du jeu Ils se retrouvent dans un cul-de-sac administratif sans aucune prévisibilité Antoine m'a dit Je ne peux pas construire ma vie sur un coup de désier qui fait couler teint d'encre C'est une situation terrible J'ai justement écouté un reportage audio très détaillé là-dessus hier décortique toute l'affaire Ça te dit qu'on l'écoute ça t'aiderait peut-être à comprendre ce qui arrive à ton ami Si tu veux De toute façon j'ai besoin de comprendre J'ai l'impression que ça pourrait m'arriver à moi aussi J'ai l'impression qu'on nous a menti C'est exactement le sentiment qui ressort du reportage Attends je le lance Tu vas voir, c'est très éclairant écoute ça On joue notre vie à la roulette russe Ouf Ça commence fort hein C'est une citation d'une travailleuse sociale française Florence Bollet-Michel Et ça donne tout de suite le ton de notre sujet aujourd'hui La fin du programme de l'expérience québécois Le PEQ Exactement Une fin annoncée par le gouvernement Legault qui va devenir effective en novembre 2025 and ça a provoqué une véritable onde de shock et les répliques se font encore sentir.

SPEAKER_01:

C'est pas juste un dossier administratif là, c'est devenu un vrai enjeu de société.

SPEAKER_02:

On a des articles de fond de la presse, du Devoir, des chroniques d'opinion aussi, bien senties. Oui, et la transcription d'une entrevue radio au 98-5 Montréal, un fil de discussion ready, particulièrement enflammé.

SPEAKER_01:

Ah ça j'imagine.

SPEAKER_02:

And même un mémoire, là, très technique, du barreau de Québec. Alors, commençons par la base. C'était quoi ce fameux PEQ?

SPEAKER_01:

D'accord. Alors, force, le PEQ, the programme of the Experience Quebec, was essentially a rapid.

SPEAKER_02:

Ah okay.

SPEAKER_01:

It was a program popular because it was simple. Pas de plafond, pas de system of points complicated. In growing the regions were clear. If you study or Quebec a certain time and you parlay Francis, the voice was too tracing. Donc to never protéger ceux qui étaient déjà dans le processus.

SPEAKER_02:

Exact. Il a présenté le nouveau système, le PSTQ, le programme de sélection des travailleurs qualifiés, comme un meilleur outil.

SPEAKER_01:

L'idée c'est de passer d'un modèle de premier arrivée premier servi à un système où le gouvernement peut sélectionner les candidats.

SPEAKER_02:

No.

SPEAKER_01:

No.

SPEAKER_02:

Des points basés sur quoi? Okay. On a une idea de l'ampleur of that competition?

SPEAKER_01:

Ah oui. Le devoir nous donne un chiffre qui illustre vraiment bien la situation. A moment donné, the government envoyé 1870 invitations.

SPEAKER_02:

Okay.

SPEAKER_01:

Alors qu'il y avait plus de 75 000 personnes dans le bassin.

SPEAKER_02:

Pardon? 1870. Pour 75 000.

SPEAKER_01:

Oui.

SPEAKER_02:

Mais le ratio est infime. C'est moins de 3% de chance d'être invité dans cette ronde-là.

SPEAKER_01:

Ça change tout. C'est écrit noir sur blanc.

SPEAKER_02:

Qu'est-ce que ça dit?

SPEAKER_01:

Ça dit que le PSTQ n'offre pas d'assurance à la clientèle d'être invité. On ne pourrait pas être plus clair, hein. On quitte la prévisibilité pour l'incertitude totale. Elle désigne ces milliers de personnes qui ont tout misé sur cette promesse du PEQ. Exactement. Elles sont venues, ont étudié, travaillé, appris le français. Elles ont suivi le chemin tracé. Mais au moment de déposer leur demande, les rêves ont changé. Les laissant sans plan B.

SPEAKER_02:

bouleversants.

SPEAKER_01:

It's a sentiment de trahison qui est palpable vraiment. Florence Bolin-Michel, la travailleuse sociale qu'on cite au début, elle parle d'une opération séduction menée par le Québec, and maintenant sa famille est dans le vide.

SPEAKER_02:

Respectez les cibles, oubliez les humains. An utilisateur, Thibuchat, Imagine tout vendre, quitter ta famille, repartir à zero because the government changes d'idée en cours de chemin. It's direct.

SPEAKER_01:

Plusie sources insistent là-dessus. But the Québec n'a pas été passive, hein, recrutement. He has vendu the rêve québécois in the foires at the end. We parle d'un climat d'incertitude permanent.

SPEAKER_02:

Bien sûr, dans un débat aussi chargé, il y a forcément une autre facette.

SPEAKER_01:

Ah oui.

SPEAKER_02:

Oui, un utilisateur, Artist Paint, qui qualifie le PEQ de complètement dysfonctionnel and de pattenable.

SPEAKER_01:

Et pourquoi?

SPEAKER_02:

Justement parce qu'il n'avait ni quotas ni limites.

SPEAKER_01:

C'est l'argument du contrôle. L'idée qu'un État doit pouvoir maîtriser ses flux migratoires, ce qui était impossible avec l'ancien système.

SPEAKER_02:

Exactement. Un autre commentateur dit, en gros, que ceux qui sont vraiment qualifiés n'ont qu'à passer par le PSTQ, qu'il décrit comme un système basé sur le mérite.

SPEAKER_01:

Sous-entendu, si tu es un bon candidat, tu vas finir par être sélectionné. Une vision très pragmatique, mais cette notion de mérite est elle-même au cœur des critiques.

SPEAKER_02:

C'est là que la contre-argumentation devient féroce. Le collectif Le Québec c'est nous aussi parle du PSTQ comme d'une loterie, d'un système arbitraire. D'autres, sur Reddit, comme Montreulois, parle même de discrimination.

SPEAKER_01:

Sur quelle base?

SPEAKER_02:

Il soulève le point de la reconnaissance des diplômes. Apparemment, un diplôme de France ou de Belgique est accepté pour prouver ton niveau de français. Mais un diplôme obtenu entièrement en français dans un pays d'Afrique francophone ne l'est pas. Ce qui oblige ses candidats à passer des tests de langue standardisée qui sont coûteux.

SPEAKER_01:

Ah je vois. Ça crée une iniquité.

SPEAKER_02:

Une iniquité de traitement qui est perçue comme injuste, oui.

SPEAKER_01:

Et ça nous ramène à l'attention centrale de tout ce débat. D'un côté, le désir légitime de l'État de contrôler ses cibles. De l'autre, le besoin essentiel de prévisibilité. Pas juste pour les individus, mais pour l'économie aussi.

SPEAKER_02:

Oui. Un utilisateur le dit très bien, Ann Kenny Refuse. Quelle entreprise va investir pour former un employé étranger si elle n'a aucune idée s'il pourra rester dans un an?

SPEAKER_01:

C'est un risque énorme.

SPEAKER_02:

Et cette absurdité du système, elle est illustrée par un autre commentaire qui m'a vraiment marqué. Celui de Cioka ZZ. Il décrit des situations où des gens très qualifiés, médecins, infirmières, ingénieurs, ne pouvaient pas faire reconnaître directement leur diplôme pour le PSTQ. Leur seule porte d'entrée, c'était le PEQ, en passant par la case travailleurs qualifiés.

SPEAKER_01:

Attends, ça veut dire quoi concrètement?

SPEAKER_02:

Ça veut dire qu'ils ont dû prendre des jobs dans des Tim Ortons ou des supermarchés pendant deux ans juste pour avoir la résidence permanente. Et c'est seulement après ça qu'ils pouvaient retourner sur les bancs d'école pour faire reconnaître leurs compétences.

SPEAKER_01:

Mais c'est un gâchis de talent monumental, c'est le mot. C'était ça la preuve du mérite. Le PSTQ lui semble se baser sur une grille plus abstraite, définie par des bureaucrates.

SPEAKER_02:

On a vu l'impact sur les individus, mais les sources parlent aussi du nombre de chocs qui a touché toute l'économie québécoise. La réaction a été.

SPEAKER_01:

Vive, c'est le moins qu'on puisse dire. Le front des critiques est très large.

SPEAKER_02:

On a les entreprises d'abord. Le nouveliste résume ça avec un titre choc. Promesse brisée, entreprise fragilisée. Le conseil du patronat, manufacturiers exportateurs du Québec. Tous craignent que ça aggrave la pénurie de main-d'œuvre.

SPEAKER_01:

Ce qui est logique, c'est un bassin de talent qui s'évapore.

SPEAKER_02:

Ensuite, les universités. Le MIFI lui-même l'écrit dans ses propres notes, la fin du PEQ pourrait nuire à l'attractivité des établissements d'enseignement.

SPEAKER_01:

Bah oui, quel étudiant international va choisir le Québec si la perspective de rester est si incertaine.

SPEAKER_02:

Et ça continue. L'Union des municipalités du Québec parle de décisions déconnectées des réalités. Même les syndicats, comme la CSN, qualifient l'annonce de poudre aux yeux. C'est un consensus assez rare.

SPEAKER_01:

Et c'est là que notre document le plus ancien, le Mémoire du Barreau de 2016, devient. fascinant. Il a été écrit des années avant, mais il jette une lumière crue sur des problèmes systémiques au ministère qui semble être à la racine de tout ça.

SPEAKER_02:

Qu'est-ce que le barrot dénonçait à l'époque?

SPEAKER_01:

Il mettait le doigt sur des concepts essentiels, la sécurité juridique et l'équité procédurale. En gros, l'idée que les règles du jeu ne devraient pas changer en plein milieu de la partie.

SPEAKER_02:

La base de l'état de droit, quoi.

SPEAKER_01:

On pourrait le penser. Le barreau affirmait que les gens doivent pouvoir s'attendre à ce que leur dossier soit traité selon les règles en vigueur quand ils l'ont déposé. Point. Changer les règles rétroactivement, ce qui ressemble à l'abolition du PEQ sans clause de protection, ça mine la confiance envers les institutions.

SPEAKER_02:

Et ils avaient des chiffres pour appuyer ça?

SPEAKER_01:

Des chiffres qui donnent le vertige. En 2014, 11 469 dossiers de travailleurs qualifiés ont été rejetés pour un simple motif. Documents non fournis.

SPEAKER_02:

11 000?

SPEAKER_01:

Oui, 11 469. Une explosion. En 2010, il n'y en avait eu que 64.

SPEAKER_02:

C'est énorme.

SPEAKER_01:

Le barreau se demandait ouvertement si le but n'était pas juste de réduire artificiellement le nombre de dossiers en attente. Mais le chiffre le plus troublant est financier. Le mémoire estime que pour la seule année 2014, the ministère a encaissé environ 28 millions de dollars en frais non remboursables pour ces dossiers rejetés, avant même de regarder le fond de la candidature.

SPEAKER_02:

Attends une minute. 28 millions de dollars pour des dossiers qui n'ont même pas été analysés sur le mérite.

SPEAKER_01:

Exactement.

SPEAKER_02:

C'est une somme colossale.

SPEAKER_01:

C'est précisément la question que posait le barreau. Est-ce que le service est proportionnel aux frais exigés? Ce rapport de 2016 nous montre que la crise actuelle, ce n'est peut-être pas un accident, mais le symptôme de problèmes beaucoup plus profonds de transparence et d'équité.

SPEAKER_02:

Alors, si on essaie de rassembler toutes les pièces du puzzle, on a une tension très nette. D'un côté, un gouvernement qui affirme vouloir reprendre le contrôle, choisir selon ses propres critères de mérite avec le PSTQ.

SPEAKER_01:

C'est l'argument de la souveraineté de l'État, sa prérogative de choisir qui il accueille.

SPEAKER_02:

Et de l'autre côté, le tableau est sombre. Des milliers de vies basculées dans l'incertitude, des entreprises qui sonnent l'alarme, et une critique quasi unanime de la société civile qui dénonce un manque d'humanité and prévisibilité.

SPEAKER_01:

Au final, au-delà des acronymes et des débats politiques, tout ce dossier nous force à nous poser une question fondamentale sur la nature de ce qu'on pourrait appeler un contrat moral. Quand un État déploie des efforts considérables tour en tirer des talents, les encourage à venir, investir leur temps, leur argent, à s'intégrer en leur présentant un ensemble de règles claires. Quelle est sa responsabilité lorsque, d'un trait de plume, ces règles sont effacées? La question n'est plus seulement de savoir qui on sélectionne pour demain, mais bien de définir la valeur d'une promesse faite à ceux qui, hier, avaient déjà choisi le Québec.

SPEAKER_03:

La valeur d'une promesse. C'est exactement ça.

SPEAKER_05:

C'est une trahison. Mon ami Antoine, il a refusé une promotion à Lyon pour venir ici parce que le Québec lui avait vendu le PEQ comme une autoroute vers une nouvelle vie. Et maintenant, on lui dit que l'autoroute est fermée et qu'il doit participer à une loterie. C'est révoltant.

SPEAKER_04:

Je comprends ta colère. C'est indéfendable sur le plan humain. Le reportage mentionne même un mémoire du barreau qui, des années avant, alertait déjà sur le manque de sécurité juridique. L'idée que l'État ne devrait pas pouvoir changer les règles en plein milieu de la partie. C'est la base d'un état de droit.

SPEAKER_05:

Et le pire, c'est ce chiffre. 75 000 personnes pour 1800 places. C'est une blague. On nous attire avec des belles paroles, on prend notre argent pour les frais de dossier, et ensuite, on nous traite comme des numéros de loterie. Le reportage parlait de 28 millions de dollars en frais non remboursables pour des dossiers rejetés en 2014. C'est une industrie, en fait.

SPEAKER_04:

C'est l'un des points les plus troublants. Politiquement, le gouvernement se défend en disant qu'il veut reprendre le contrôle, choisir qui il veut selon ses besoins, le fameux argument du mérite. Mais ce que ton ami et des milliers d'autres vivent, ça montre que la définition du mérite a changé. Avant, le mérite, c'était de réussir son intégration ici. Maintenant, c'est d'avoir le bon profil au bon moment. Selon une grille décidée par des bureaucrates.

SPEAKER_05:

Mais c'est un gâchis monumental. Des gens comme Antoine, déjà intégrés, qui travaillent, qui paient des impôts. Qui parlent français. On les pousse vers la sortie. Et pendant ce temps, on se plaint de la pénurie de main-d'œuvre. C'est absurde.

SPEAKER_04:

C'est l'argument de toutes les entreprises, les universités, des municipalités. Il y a un consensus quasi unanime pour dénoncer le manque de prévisibilité. Sa nuit à l'image du Quebec at l'international.

SPEAKER_05:

J'ai l'impression que the parole of Quebec ne vote plus rien.

SPEAKER_04:

Although the technique administrative, it's a question of confiance. The first phrase of reportage is the most important. In the moment, the response that the government envoys, it's pas grand chose. And so for our reputation and for our âme collective, it's devastateur.

SPEAKER_00:

Merci de choisir de pratiquer votre français avec moi et à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Et comme toujours, je vous souhaite le plus beau des succès dans votre intégration en français. Ne lâchez surtout pas.